OcciInnovESS

Jusqu’à 2,30 € le litre de carburant ! Une nouvelle fois apparaît, tel le nez au milieu de la figure, l’enjeu des déplacements automobiles, plus que des mobilités d’ailleurs. Plus fortement encore pour les familles qui composent les 22 millions de ruraux et qui n’ont souvent pas d’autres possibilités de déplacement.

L’injonction à « bouger » reste par ailleurs toujours aussi forte. Mais dans ce contexte de crise de l’énergie durable, nombre de ruraux ont déjà renoncé ou renonceront à des mobilités que l’on pourrait penser moins essentielles, comme le sport des enfants, la culture ou les loisirs, ou encore le rendez-vous chez le médecin, avec en corollaire une baisse de la qualité de vie, immédiate ou à moyen terme.

Des territoires en attentent de réponses

Autant dire que les défis pour et dans la ruralité sont nombreux, des défis sociaux, économiques et politiques. La situation vécue n’est pas inédite. Les débats autour non plus, mais peut-être trop simplistes. Et une fois de plus pour cette forme de crise pourrait être une fois de trop, s’y l’on ne change pas de regard et d’ambition.

De nos chemins respectifs, nous proposons alors de déplacer le curseur et de changer de grille de lecture, au-delà du seul coût de l’essence et de l’utilisation de la voiture, qu’elle soit thermique ou électrique. Il s’agit d’élargir à une approche qui renvoie à l’urgence de repenser l’aménagement du territoire, l’occupation de l’espace, les moyens de s’y déplacer et surtout de s’y réaliser.

L’occasion nous est donnée de faire de cette nouvelle crise le prétexte pour que chacun sorte de ses postures et prenne le temps d’écouter le pays tel qu’il vit et se vit, jusque dans ses territoires les plus éloignés des centres urbains.

Le recours à la « débrouillardise » est vanté comme la solution par un Etat (Ademe, mars 2026) qui a décidé de rester coincé dans les affres de la concentration et du soutien aux grandes infrastructures urbaines de transports collectifs.

La vision descendante de la loi Notre et celle plus spécifique de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), les solutions toutes faites, n’ont pas changé de manière structurelle les mobilités du quotidien.

Une raison à cela, à partir de la centralisation, on impose du VER-TI-CAL et du descendant !


Nous proposons donc de mettre au débat, et surtout à hauteur de territoire, les futures décisions qui, si elles ne sont pas coconstruites à partir du local, seront à nouveau prises par défaut, avec des risques évident de ne pas être à la mesure des attentes légitimes des habitants de la ruralité.

Pour cela, appuyons-nous sur le fait que notre pays respire d’un triple maillage. Astreignons-nous à le mettre en synergie, non pas à hauteur de flux mais à hauteur d’espace de vie et de socialisation.

Nous parlons du maillage routier inédit en France, des chemins ruraux aux autoroutes, comme autant de voies qui peuvent se partager au-delà du seul déplacement automobile.

Nous parlons également du maillage institutionnel, avec ses 35000 communes et ses élus de terrain, pétris de connaissances sur les besoins sociaux des habitants. Ces élus locaux doivent devenir les acteurs d’une partie de la solution et non, comme aujourd’hui, écartés des analyses et des décisions prises par les groupements de communes, les Conseils régionaux et pilotés par l’Etat.

Nous parlons enfin d’un maillage d’associations porteuses de solutions du quotidien, avec des acteurs de terrain animant des espaces d’échanges aidant à la transformation des représentations et des pratiques de mobilité des ruraux.

Nous n’oublions pas l’ensemble des habitants d’une ruralité qui voudraient et pourraient participer aux décisions qui les concernent, qui refusent le regard en surplomb, ont des ambitions pour les territoires qu’ils habitent et seraient les vrais auteurs de leurs mobilités.

Sachons donc entendre l’évidence. Les solutions aux problèmes des ruraux émergeront toujours du cœur des ruralités, de la considération et de l’implication de ses habitants à la transformation nécessaire de leur mode de vie.

Sachons également admettre qu’il faudra les entendre dans leurs cadres de vie, provoquer et surtout soutenir l’animation des démarches de changements. Et n’ayons pas peur, ils sauront agir avec discernement et responsabilité. Urgence il y a, à reconnaître et renforcer leur pouvoir d’agir, à alimenter une nouvelle politique d’aménagement du territoire qui prend en compte la pluralité des lieux, une politique qui retrouve l’ambition d’être inclusive, durable et équitable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.